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L'ART INUIT
Depuis la nuit des temps, les Inuit ont travaillé l'os, l'ivoire ou la pierre, créant des œuvres magiques ou religieuses ainsi que des outils ou des objets utilitaires.
L’histoire de l’art inuit se divise en cinq périodes : « pré-Dorset », « Dorset », « Thulé », « Historique : contacts avec les blancs » et « période contemporaine ».


ÉPOQUE PRÉHISTORIQUE
Les humains ont habités le Canada depuis 4 000 ans.
Les premières traces de culture inuit décelées dans l'Arctique canadien appartiennent à la période pré-dorsetienne (2500-800 avant J.-C). Les objets retrouvés sont de petites sculptures dont l'utilisation était probablement liée au chamanisme et aux rites funéraires. Elles prennent essentiellement la forme d'amulettes et représentent des esprits, des humains et des animaux... en os, ivoire, bois flotté…

Les périodes suivantes sont dites de Dorset (800 avant J.-C) culture de la chasse et de Thulé. Les Dorset ont créé des figurines en ivoire, en andouiller, en bois, en pierre qui semblent avoir des significations magico-religieuse utilisées lors des rites chamaniques.
Les Thulé dont la période va de 1000 à 1800 étaient une population originaire de l’Alaska qui a colonisé l’Arctique, imposant aux Dorsétiens leur mode de vie essentiellement basé sur la chasse à la baleine.

L’art de Thulé comportait des représentations d’hommes et d’animaux mais consistait surtout en des objets utilitaires décorés d’embellissements graphiques. Des objets de petites tailles sont travaillés artistiquement : têtes de harpons, coffres à aiguilles, lunettes de neige, poupées, petites figurines, en corne ou en ivoire …
Les liens entre la culture de Thulé et les Inuit sont à la fois biologiques, culturels et linguistiques.


ÉPOQUE HISTORIQUE DE 1770 À 1940
Les années 1770 marquent le début de la période historique de l’art inuit, quand les missionnaires commencent à prêcher et à faire du commerce avec les Inuit.
Au dix-neuvième siècle, le contact avec les baleiniers, les commerçants de fourrures permet la diffusion des œuvres inuit par le troc.


ÉPOQUE CONTEMPORAINE
Cette période commence à la moitié du vingtième siècle : en 1948, James Houston, un artiste peintre découvre l'artisanat inuit et entreprend de développer cette activité. Il est soutenu par le gouvernement fédéral qui reconnaît là un potentiel économique bénéfique aux inuit, grandement assisté par la compagnie de la Baie d’Hudson.

Les outils utilisés par les artistes sont le plus souvent fabriqués par les artistes eux-mêmes. Ils sont composés de supports traditionnels comme la scie à métal, la lime, le grattoir, le papier de verre, le marteau et le tournevis.

Rapidement (années 1960) et après des expositions ventes réussies de sculptures inuit, les artistes s'organisent en coopératives autogérées.
En 1967, lors de l'exposition Universelle de Montréal, une exposition de sculptures et de gravures consacre l'art inuit sur le plan international.

Depuis cet art a été "reconnu" et encouragé, il n'a cessé de s'affirmer. Il est un exemple rare d'art contemporain qui a conservé ses sources traditionnelles d'inspiration tout en s'inscrivant dans la modernité. D'un art communautaire, il est passé à un art d'artistes individualisés .


LES MATÉRIAUX
Les premières sculptures Inuit étaient traditionnellement façonnées à partir de matériaux assez tendres comme les os de baleine, la bois de caribou ou l’ivoire. Depuis quelques années, grâce aux outils en acier, la pierre est devenue le matériau principal, le poids et la taille des œuvres n’étant plus un problème.

La pierre varie énormément d’une communauté à l’autre. Les sculptures inuit sont taillées dans la serpentine et la stéatite. Il existe aussi des sculptures en basalte, en marbre, en quartz, pyroxène, etc., selon la communauté d’origine.

Le type de pierre utilisée étant fonction de l’endroit où la sculpture a été effectuée, il n’y a aucune pierre plus précieuse qu’une autre. À Cape Dorset, par exemple, la serpentine vert sombre est la pierre de choix. Un marbre blanc local est parfois utilisé, mais en raison de sa dureté il abime les outils.


PRINCIPAUX STYLES
Découvrez les principaux styles de la sculpture inuit et les spécificités selon les communautés.

Le NUNAVIK (photo de Aïsa AMITUK S104 034)
En général, la sculpture du Nunavik, (Puvurnituk, Inukjuak) reste traditionnelle mais une certaine modernité dans les formes apparaît. Les œuvres souvent descriptives témoignent de la vie quotidienne et font références aux principaux mythes fondateurs.


Le NUNAVUT (photo de Noah JAW S104 272)
La sculpture de l'île de Baffin est internationalement connue à travers les artistes de la communauté de Cape Dorset (Kinngait) au sud de l'île. Il s'agit de pièces travaillées avec un grand souci du détail, reconnaissables grâce à l'emploi de serpentines locales très polies.


TALOYOAK (TALURJUAT) ET GJOA HAVEN (UQSUQTUUQ) (photo de Paul AALUK S198 068)
Les artistes de Taloyoak (Talurjuat) et Gjoa Haven (Uqsuqtuuq) sont surtout inspirés par le chamanisme et la représentation du monde des esprits. Traitées avec force et ingéniosité, ces œuvres dégagent une vitalité, une énergie qui ne laissent pas indifférent. Nombreux sont les artistes de ces deux centres à être présents dans des institutions publiques à travers le monde entier.


ARVIAT (photo de Lucy TASSEOR TUTSWEETOK S198 391)
Les artistes de Arviat aiment à sculpter des scènes familiales, la maternité y est très fréquente, avec un traitement de la pierre qui tend à une certaine abstraction. Le bois de caribou est également utilisé dans cette région où ces animaux prospèrent.


A BAKER LAKE (QAMANITTUAQ) (photo de Peter SEVOGA S104 179)
le style est plus figuratif qu'à Arviat, il tend néanmoins à une simplification des formes. Les sujets font référence au monde humain ou animal et au rapport entre les deux.


LE LABRADOR (photo de John TERRIAK S101 151)
Les artistes de cette région travaillent la serpentine. John Terriak en est un bon représentant. Il excelle dans les sculptures d'oiseaux.

LES TERRITOIRES DU NORD OUEST
Les artistes de Holman travaillent très finement l'ivoire de morse et différentes pierres. Certains s'engagent dans un style résolument contemporain.



BIBLIOGRAPHIE
Plusieurs centaines de livres sur les inuit ou l’art inuit existent, mais de nombreux ne sont plus disponibles. Pour avoir une bibliographie plus complète, n'hésitez pas à nous contacter.
Creation and Transformation: Defining Moments in Inuit Art par Darlene Coward Wight (2013)
Inuit Prints: Japanese Inspiration: Early Printmaking in the Canadian Arctic par Norman Vorano (2011)
The Inuit Imagination: Arctic Myth and Sculpture par George Swinton, Harold Seidelman, et James Turner
The Way of Inuit Art: Aesthetics and History in and Beyond the Arctic par Emily E. Auge (2011)
The Sea Woman: Sedna in Inuit Shamanism and Art in the Eastern Arctic par Frederic Laugrand et Jarich Oosten (Relié - 15 avril 2009)