
|
> Fermeture annuelle
La galerie sera fermée du 25 juillet au 12 août inclus
Afin de vous proposer de nouvelles oeuvres à la rentrée, nous partons pour le Canada....
Réouverture le vendredi 13 août 2010 à 11 heures !
> En juillet, nous vous proposons de découvrir :
des expositions en Angleterre,
des fleurs, lichens, mousses... de la toundra.
► Expositions en Angleterre : 2 juin au 10 septembre
• Inuit art: Masterworks from the Arctic , au Scott Polar Museum, Lensfield Rd à Cambridge, entrée libre.
• Sananguaq: Inuit art in Britain , une exposition aussi organisée par le Scott Polar Museum à la Maison du Canada, Trafalgar Square, Londres, lundi au vendredi, 10h/18h.
► Les plantes de la toundra
En été, avec l’augmentation de la température et un ensoleillement de 24 heures, la toundra fleurit.
La flore de la toundra arctique comprend de nombreuses espèces de fleurs, de buissons caduques, d’arbustes et un très grand nombre de lichens et de mousses.
Les plantes sont basses, quelques dizaines de centimètres, en habitat dispersé. Certaines fleurs vont se protéger du froid en formant une tige velue et une enveloppe laineuse autour des graines pour les isoler. D’autres se servent d’une pigmentation foncée pour absorber la chaleur du soleil.
Les racines sont courtes car seuls 5 à 50 centimètres du sol réussissent à dégeler, mais le pergélisol garde les couches supérieures humides, ce qui favorise la croissance.
Les lichens et les mousses sont des plantes simples sans racines poussant partout dans l’Arctique et offrant une source importante de nourriture et d’énergie pour la faune.
• Les fleurs
Des dizaines de fleurs se trouvent partout sur la toundra durant les mois d’été.
- Le coton arctique ou linaigrette « Suputaujak» dans les zones marécageuses et humides. La fleur a des mèches blanches très douces. Elle est utilisée traditionnellement par les inuit comme mèches pour les qullit (lampes à huile), pour servir de matelas ou démarrer un feu.
- Épilobe à feuilles larges ou « Paunnaq »
Utilisation : Infusion pour thé. Usage médicinal pour traiter les maux d’estomac. Feuilles mâchées pour arrêter un saignement de nez.
Des « anciennes » de Kangiqsujuaq au Nord Quebec, Mary Kiatainaq, Inuluk Qisiiq, Maata Tuniq, Lizzie Irniq s’expriment :
"Nous avons aussi toutes sortes de plantes comestibles provenant de la toundra. Par exemple, il y a l'airaq [oxytrope], l'immulik [arméria du Labrador], une plante très sucrée, au sucre naturel. Il y a aussi des fleurs jaunes auxquelles nous ajoutons de l'huile provenant de la graisse de phoque.
Comme médicament, nous faisons du thé avec du tiirluk [épilobe à feuilles étroites] pour guérir les rhumes et la toux. Nous mangeons aussi du kimminaq [airelle rouge], une baie très sucrée, pour traiter les maux de gorge et les infections de la bouche".
•Les baies
- Raisin d’ours « kaplarjuit » Il en existe des noires et des rouges qui s’étendent en tapis Leur goût est assez insipide mais ils sont souvent mélangés avec d’autres baies
- Airelles « kimminaq » sont mangées par les oiseaux, les mammifères dont les ours, et les Inuit !
- Canneberges «paungait » Ces plantes couvrent de grandes étendues dont le sol est de préférence acide et sablonneux. Les Inuit les consomment fraîches, cueillies fin août-début septembre
•Les lichens : « quajautit »
Il en existe une grande variété (symbiose de deux plantes, un champignon et une algue). Ils permettent de stabiliser le sol grâce à leur réseau étendu et donnent la possibilité à d’autres plantes de s’établir à leur tour. Ces étapes contribuent à la fabrication de l’humus qui construit un sol pouvant supporter de plus en plus d’espèces végétales. Cependant, le lichen est très sensible à la pollution de l’air.
Le caribou et occasionnellement le bœuf musqué, consomment le lichen en été et servent au processus de colonisation
•Les mousses
Ce sont de petites plantes poussant en grands bouquets qui ont souvent l’air de moquettes. Comme elles n’ont pas de racines, les mousses peuvent être sur des surfaces dénudées comme celles des surfaces rocheuses. Elles sortent habituellement où il y a une source d’eau, telles que dans les ruisseaux formés lorsque la neige fond.
•Arbustes : bouleau glanduleux, saule…
Le Saule arctique (Salix arctica) est un minuscule arbuste dont la hauteur varie en général entre 1 et 15 cm (rarement 25 cm). Malgré sa petite taille, il a une durée de vie importante : un spécimen de 236 ans a été trouvé au Groenland.
Le saule sert à l'alimentation de plusieurs animaux arctiques tels que caribou, bœuf musqué, lièvre arctique…
En médecine, l'arbuste a été utilisé pour traiter la diarrhée, les indigestions et certaines blessures. Les inuit le mangent également pour sa vitamine C et son goût tendre et ils s'en servent comme combustible de chauffage.
Pour approfondir vos connaissances :
"La faune et la flore du grand nord"
une mine de renseignements de 640 pages, ouvrage collectif sous la coordination de Nathalie Thibault.
► Vous voulez recevoir cette lettre d'information avec les photos qui accompagnent les textes ?
Envoyez votre adresse email sur "contact".
► Attention fermeture annuelle : du 25 juillet au 12 août 2010.
► Prochaine lettre début septembre, bonnes vacances à tous !
Nakurmik (merci),
> en juin, nous vous proposons de découvrir :
De superbes portraits, un exploit, des explications sur la toundra et sa flore et toujours la météo, les conférences...
► « Portraits of the North » de Gerald Kuehl :
de magnifiques portraits d’anciens avec, entre autres, des artistes dont les œuvres sont présentées à la galerie.
(http://www.portraitsofthenorth.com/farnorth.html
► Un exploit : Peter Siakuluk du village de Hall Beach, le seul a avoir participé 12 fois aux courses annuelles d’attelage de chiens du Nunavut, a remporté le concours de cette année.
La course s'est déroulée entre Pond Inlet et Clyde River soit environ 500 kilomètres.
► De la météo :
Les conditions au 1er juin au Nunavut : de la neige, du brouillard, du soleil selon les villages avec de -6° à + 2°… Mais l’été arrive !
Les mois d'été de juin, juillet et août dans le Grand Nord sont caractérisés par l'absence de neige au sol, la croissance et la floraison de plantes dans la toundra, la présence d'oiseaux nicheurs, un ensoleillement qui dure 24 heures et des températures de moyennes 0°C à 10°C.
Mais les glaces de mer sont encore présentes, elles n’auront fondu complètement qu’en fin d’été.
http://ice-glaces.ec.gc.ca/Ice_Can/ANIM-CMMBCTCA.gif
► La toundra, du finnois tunturi, ou aussi « terre dénudée », recouvre une grande partie de l'hémisphère Nord. Elle se caractérise par l'absence d'arbres, des terres humides et l'abondance d'affleurements rocheux (d’où pourront être extraits des blocs pour sculpter).
L'environnement de la toundra est déterminé par plusieurs éléments :
● la présence généralisée du pergélisol (sauf sous certains lacs et rivières); Le pergélisol (en anglais : permafrost) désigne un sous-sol gelé en permanence, au moins pendant deux ans. Actuellement, il représente environ 20 % de la surface de terre du monde, 25 millions de km², dont un quart des terres émergées de l'hémisphère nord. Le pergélisol peut être profond de plusieurs centaines de mètres : de 440 mètres à Barrow en Alaska à environ 750 dans l'arctique canadien.
● des étés courts où il fait presque continuellement jour
● de longs hivers où c'est la « nuit polaire » (qui n’est pas noire et ne dure pas 6 mois, nous en reparlerons !)
● de faibles précipitations annuelles (d'où son nom de « désert polaire »)
● des vents violents et des blizzards durant l'hiver
● un sol humide et instable en raison du pergélisol : lors de la fonte de la neige, le pergélisol gelé empêche l’eau de s’infiltrer en profondeur d’où la présence de très nombreux lacs, flaques, zones marécageuses…
● une végétation discontinue : pour survivre, les plantes de la toundra se sont adaptées de nombreuses façons. Grâce à leur petite taille, elles bénéficient des microclimats plus favorables situés au ras du sol. Leurs petites feuilles coriaces et hérissées de poils empêchent le dessèchement provoqué par l'évaporation.
► Les plantes de la toundra
Le sol de la toundra est très mince, acide et pauvre. Il y a peu d’humus (partie fertile du sol, née de la décomposition des matières végétales) car la végétation est clairsemée.
La flore de la toundra arctique comprend environ 200 espèces de plantes et un très grand nombre de lichen et de mousse (plus de détails dans la lettre de juillet).
Cette flore est la base de la nourriture des herbivores (caribou, lièvre arctique….)
Les Inuit en consomment essentiellement les nombreuses baies.
► Une conférence proposée par l’association Inukshuk le jeudi 10 juin à 18h : « Le Grand blanc » Les multiples facettes de l'ours polaire dans le contexte inuit, par Vladimir Randa, ethnozoologue auteur de « L’ours et les inuit ».
Entrée libre, au Centre Culturel Canadien, 5 rue de Constantine, 75 007, métro Invalides.
Réservations nécessaires au 06 88 09 68 77 ou sur : espace.inuit@free.fr
Attention en raison de la conférence, la galerie fermera exceptionnellement à 17h30 le 10 juin.
Vous souhaitez recevoir directement par e-mail cette lettre d'information avec ses images ? Inscrivez-vous sur "contact" en bas de la page.
> En mai
Etat des glaces, expositions, conférences, nouveautés et ouvertures exeptionnelles...
Ouvertures exeptionnelles les dimanches 2 et 9 mai de 14 à 19h et le samedi 8 de 11 à 19h...
Etat des glaces à la fin avril 2010
La baie d’Hudson est encore prise par les glaces, seule une petite bande côtière à l’est est libre.
La glace de mer n’y disparaitra totalement que vers la mi-juillet.
Dans le reste de l’Arctique, la fonte se poursuivra pendant les mois d’été et l’étendue de la couverture atteindra son minimum vers la mi-septembre, après quoi les glaces recommencent à se former.
Vous pouvez voir l’évolution de la glace pour les 10 derniers jours sur :
http://ice-glaces.ec.gc.ca/Ice_Can/ANIM-CMMBCTCA.gif
Prévisions météorologiques à Iqaluit :
• V 29/04 : -4°/ 0° neige
• S 1/05 : -3° /-1° neige
• D 2/05 : -7°/-14° soleil
• L 3/05 : - 6°/ -17° soleil/neige…
Expositions :
• « Découvrez l’Estampe Inuit », Contes et Légendes, Mythologie et Chamanisme du 8 mai au 3 octobre 2010, Centre d’art graphique de la Métairie Bruyère à 89240 Parly. Tous les renseignements sur : http:// www.la-metairie.fr
• « Grand Nord, Grand Sud », artistes inuit et aborigènes, du 11 mai au 28 novembre 2010, Abbaye de Daoulas 21 rue de l’église, 29460 Daoulas
Conférences : l’Espace Culturel Inuit vous propose des conférences gratuites :
• Jeudi 27 mai à 18h : "Figures de l'ours polaire dans l'art inuit" par Florence Duchemin-Pelletier, historienne de l'art.
• Jeudi 10 juin à 18h : « Le Grand blanc » : les multiples facettes de l'ours polaire dans le contexte inuit, par Vladimir Randa, ethnozoologue.
Entrée libre, au Centre Culturel Canadien, 5 rue de Constantine, 75 007. Réservations nécessaires au 06 88 09 68 77 ou sur espace.inuit@free.fr
Les nouveautés de la galerie, des sculptures visibles sur le site à « nouveautés »
• en os ancien de baleine
• en morse : crâne et os de pénis sculptés ainsi que des ivoires gravés de Tchoukotka
• en caribou et en pierre….
Morse : La viande, la peau et les viscères du morse occupent encore une place importante dans l'alimentation des Inuit et de leurs chiens. Autrefois, sa graisse était aussi utilisée et transformée en huile pour le chauffage et l'éclairage.
Les défenses, canines supérieures allongées pouvant atteindre une longueur moyenne de 36 cm et dont le morse se sert comme crochets pour se hisser sur la glace ou la terre et comme armes dans les combats visant à la conquête des femelles.
Les os du morse sont prisés pour la fabrication d'outils, tandis que sa peau dure et épaisse est recherchée pour la fabrication des traits à chiens (lanières reliant le harnais au traîneau) et jadis pour les membranes des embarcations.
L’os pénien, localement appelé oosik, était, comme ceux d'autres mammifères, utilisé pour fabriquer des étuis à couteau et piquets de tente.
Le morse a le plus grand de tous os péniens des mammifères terrestres actuels, avec une moyenne d’environ 60 cm de longueur.
L’ivoire, tugaaq, était traditionnellement important en tant que matière première dans la fabrication d'outils, d'équipement, de jouets, d’amulettes ainsi que dans la réalisation de sculptures de petit format.
L'ivoire était aussi sculpté pour faire du troc avec les baleiniers et les trappeurs et pour la fabrication de divers objets :
• Equipement de pêche et de chasse, comme les lunettes de neige, les têtes de harpon et les hameçons
• Equipement pour le transport, comme les semelles de traîneau, les crampons à glace et les anneaux d'attelage
• Outils, comme l'ulu (couteau de femme), grattoir à peau, couteau à écorcer
• Objets domestiques, comme peignes, aiguilles et dés à coudre …
Baleine : Il y a encore quelques années, lorsque les Inuit abattaient une baleine, pratiquement tout l'animal était utilisé pour se nourrir, se chauffer, s'éclairer (graisse). Même les fanons étaient transformés en arcs et les os utilisés dans la fabrication des traîneaux.
Actuellement les baleines ne sont tuées que pour la nourriture (avec un quota fixé).
Os de baleine : Les inuit ne sculptent uniquement que de l’os ancien, le plus souvent ramassé sur les plages. Pour être travaillé l'os doit être "pétrifié", voire "fossilisé" et donc provenir d'animaux morts depuis très longtemps, souvent autour d’une centaine d’années.
La commercialisation de l’os et de l’ivoire est contrôlée par la Convention de Washington CITES (Convention on the International Trade in Endangered Species of wild fauna and flora) du 3 mars 1973.
i
> En avril
Ce mois-ci, nous vous proposons de découvrir : le grand artiste Abraham Anghik Ruben, des expositions et quelques livres pour les enfants et les adultes !
Nous vous rappelons aussi que le site est mis à jour régulièrement et que vous pouvez y trouver les dernières œuvres arrivées à la galerie.
 | | | L'esprit de l'ours | Abraham Anghik Ruben
Né en 1951 dans un camp près de Paulatuk, dans les Territoires du Nord Ouest, il est l’un des quinze enfants de Billy et Bertha Ruben. Jusqu’à l’âge de huit ans, il vit avec sa famille de façon nomade, au gré de la chasse et de la pêche, avant d’être envoyé de force par le Gouvernement fédéral dans un pensionnat de missionnaires, comme son frère David et sa sœur Martha avant lui. Eloigné de sa famille et de son peuple, il y oublie ses racines et sa langue maternelle, l’inuktitut.
A sa sortie du système scolaire, il choisit l’art comme moyen de se reconnecter à la culture inuit et intègre en 1971 le Native Arts Centre à l’Université d’Alaska, où il se familiarise avec les différents aspects de l’Art Contemporain, sous la direction de Ronald Senungetuk.
Artiste brillant, il expose dès 1973 et suscite rapidement l’intérêt des marchands.
Au cours de ses trente ans de carrière, il s’intéresse à la sculpture, la joaillerie, la gravure et le dessin par le biais desquels il a développé un style tout à fait novateur, basé sur l’étude des mythes, légendes et traditions inuit qui, combinées à une vision contemporaine, lui ont valu une renommée internationale.
Aujourd’hui son travail est exposé dans différents musées au Canada, tels que la National Gallery of Canada à Ottawa, le Royal Ontario Museum de Toronto ou encore la Winnipeg Art Gallery. Ses œuvres viennent également enrichir des collections particulières, ainsi que des collections d’entreprises à travers le monde entier.
Abraham développe abondamment dans son travail le thème du chamanisme, en particulier celui de la transformation, puisant son inspiration dans les récits familiaux. En effet, ses arrières grands-parents, Apakark et Kagan, venus d’Alaska, étaient des chamanes respectés. Il leur rend d’ailleurs hommage dans l’une de ses sculptures.
Plus récemment, il s’intéresse à l’étude des cultures du monde circumpolaires, ce qui le conduit à se pencher sur les échanges entre les Vikings et les Inuit, dès le Xème siècle de notre ère. Depuis 2005, certaines de ses sculptures sont imprégnées de la rencontre entre ces deux civilisations.
Abraham Anghik Ruben, qui tient à être considéré comme un artiste contemporain avant tout, a prouvé qu’un inuk pouvait s’implanter dans le sud sans perdre son identité culturelle (depuis 1986, il vit à Salt Spring Island en compagnie de sa femme Patricia Donnelly et de leurs enfants).
Deux œuvres d’Abraham sont actuellement présentées à la galerie.
Exposition photo « Dernières nouvelles de l’ours polaire" à l’Espace culturel canadien, 5 rue de Constantine 75007 Paris.
Spécialiste de l'ours polaire depuis une vingtaine d'années, Rémy Marion présente dans cette exposition les photographies et les documents filmés les plus récents, après des mois d'observations sur le terrain et des données recueillies auprès des plus grands spécialistes au monde.
Son livre récemment paru « Dernières nouvelles de l'ours polaire » fait le bilan des connaissances actuelles sur l'espèce.
L’association Inukshuk vous propose jusqu'en juin dans le même lieu, un regard sur les ours dans l’art.
Exposition du 15 avril au 10 septembre 2010, de 10 heures à 18 heures, du lundi au vendredi, entrée libre.
Exposition encore : « Arctic 21, l’Arctique du 21ème siècle » à Albertville (73), du 6 février 2010 au 21 mai 2011 :
Une exposition organisée par la Maison des Jeux Olympiques d’Albertville, pour découvrir l’art et l’imaginaire inuit, s’interroger sur les enjeux de l’environnement, percevoir les innovations des sociétés autochtones d’aujourd’hui.
11 rue Pargoud, 73200 Albertville.
Exposition toujours : « Notre patrimoine polaire » de Christian Morel :
Environnement, biodiversité, changements climatiques, développement durable sont au centre d’une exposition exceptionnelle.
Du lundi 22 mars au samedi 10 avril de 15h à 19h, entrée libre, dans les locaux de : Standard 216 - Histobus grenoblois, 2 av. Charles de Gaulle, Pont de Claix
Quelques livres pour
les enfants (à partir de 3 ans) :
- Le chant du sorcier, Carl Norac, Bayard Jeunesse
- Le secret de Mikissuk : Un voyage au pays des Inuits - Isabelle Lafonta - Stéphane-Yves Barroux - Hatier
- Le voyage d’Ituk, François Beiger - Hélène Muller (illus.) - Belin
les adultes
- Mon passé Eskimo, par George Quppersimaan, Collection L’aube des peuples, Gallimard
- E9-422 : Un Inuit, de la toundra à la guerre de Corée, Eddy Weetalkuk, Carnets nord
- Et surtout tous les livres de Jorn Riel : « La vierge froide et autres racontars », « Arluk », « Heq », « la maison des célibataires »…. en poche 10/18
> En mars nous vous proposons de découvrir :
des nouveautés "très anciennes" à la galerie et un peu de vocabulaire : la réalité sur les mots pour désigner la neige
 | | | masque de chamane | Les nouveautés de la galerie :
en attendant de nombreuses nouvelles sculptures pour la mi-mars, vous pouvez voir à la galerie ou dans la rubrique "nouveautés":
Un extraordinaire masque de chamane en bois flotté (environ 1900) ainsi que 2 petites statuettes en bois de style « Thulé »
Un animal d’Andy Miki et un personnage de John Pangnark, (environ de 1970)
et de très beaux « ivoires de morse » des années 1930/1945.
Un peu de vocabulaire :
Il est coutume de dire que les Inuit (un Inuk - des Inuit) ont une centaine de mots pour dire "neige" mais ce n’est pas tout à fait la réalité.
En inuktitut, chaque mot est constitué d'un radical, dont le sens peut être précisé, nuancé, ou même transformé par l'adjonction de suffixes.
Pour la neige, on compte seulement une dizaine de radicaux indépendants, dont voici des exemples :
Aniu : neige propre pour faire de l'eau
Aputi : neige sur le sol
Masak : neige mouillée en train de tomber
Matsaaq : neige à moitié fondue sur le sol
Qanik : neige en train de tomber
Pukak : neige cristalline sur le sol
Sirmiq : neige fondante servant à cimenter l'iglou
L'adjonction à ces radicaux de suffixes dérivationnels (plusieurs centaines au total) permet de construire de nouveaux mots :
Qanik : la neige en train de tomber
Qannialaaq : neige très légère en train de tomber
Qanniapaluk : neige extrêmement légère en train de tomber dans l'air calme
Par ailleurs, un certain nombre de mots qui désignent la neige sont construits à partir d'un radical ne faisant pas directement référence à la neige :
Illusaq : neige bonne à construire un iglou
Katakaqtanaq : épaisse couche de neige craquant sous les pas
Kiniqtaq : neige sèche et compacte
Natiruvaaq : neige fine transportée par le vent
Piiqturiniq : fin manteau de neige déposé sur un objet
Qiqumaaq : couche de neige dont la surface est gelée…
Si les Inuit avaient tant besoin de précision pour décrire la neige, c'est qu'elle leur était vitale : c'est avec elle qu'ils construisaient l’iglou ; c'est sur elle qu'ils se déplaçaient au cours du long hiver ; c'est son état qui leur permettait d'aller chasser ou non…
avec un grand, grand merci à M. M-A Mahieu pour ses précieux conseils sur ce texte !
> Ce mois-ci, nous vous proposons :
après quelques informations météo, de découvrir : le mythe de « Sedna » l'un des mythe d'origine des Inuit...
Quelques informations météo :
- Iqaluit (capitale du Nunavut) : - 26 ° sous la neige ce week-end, lever du soleil vers 8h30, coucher vers 15h30.
- Qaussuittuq (anciennement Resolute Bay) : - 37° dans la nuit polaire, température ressentie avec le vent : - 53° !
- Glaces de mer : en blanc sur la carte, en bleu : mer libre de glace.
De découvrir : Le mythe de « Sedna » (aussi appelée Uinigumasuittuq «celle qui ne voulait pas se marier», ou Takannakaaluk «la Grande là en bas», Taleelayo, Nuliajuk…)
Il s’agit du Mythe d’origine des races humaines et des mammifères marins.
Sedna est encore aujourd’hui une légende très connue des Inuit et il existe autant de versions que de villages.
A l’origine, Sedna n’était qu’une jeune mortelle qui refusait de se marier. Excédé par son attitude, son père la força à épouser un homme « chien » dont elle eut une portée…
Un jour que son mari était sorti, elle mit ses enfants dans ses bottes et les poussa à la mer. Certains errèrent longtemps avant de toucher terre : ils sont les Qallunaat (hommes blancs) et les Amérindiens, qui ressemblent à des « Hommes (Inuit) » mais n’en sont pas tout à fait.
Les autres, qui étaient plus forts, plus beaux, plus débrouillards, mieux armés, touchèrent terre plus près. Ils sont devenus les "HOMMES " = les Inuit.
Plus tard, son époux mort, elle se laissa séduire par un homme doté de pouvoirs surnaturels qui l’emmena sur une île et se métamorphosa en un pétrel (oiseau).
Après quelques temps, son père entendit des plaintes au delà de la mer: c’était sa fille qui était maltraitée. Il embarqua sur son kayak pour aller la chercher et il reprit la mer avec elle.
Son mari, voyant Sedna s’enfuir, ordonna à la mer de se déchaîner.
Voyant la mort arriver, le père la sacrifia en la jetant à la mer, mais elle s'agrippa au bord.
Le père coupa alors les doigts de Sedna et ils devinrent les poissons, puis les pouces et les mains qui devinrent phoques, morses, baleines….
Sedna coula au fond de l'eau où elle réside encore comme déesse de la mer.
Quand la chasse n’est pas bonne ou que la mer est démontée, la croyance est que Sedna est en colère car ses cheveux sont emmêlés. N’ayant plus de mains, elle ne peut les peigner.
Les chamans, grâce à leurs « voyages » arrivent à aller peigner Sedna afin que le calme et les animaux reviennent.
Sources :
-Knud Rasmussen, 1929, «Intellectual Culture of the Iglulik Eskimos»,
-Saladin d’Anglure, 2002 “Atanarjuat”.
> Avec nos meilleurs voeux pour 2010,
pour bien commencer l’année nous vous proposons :
Des liens vers des sites intéressants :
- Un site sur « L’histoire oubliée des baleiniers inuit » : où vous pourrez entendre des témoignages en inuktitut (aussi traduit en français !), voir des vidéos, photos… tout connaître sur la chasse à la baleine vu par les inuit !
http://www.inuitwhalers.ca
- Un site pour les enfants : Wumpa (en français) A partir d’un environnement arctique, des jeux et des aventures, nombreuses activités très intuitives, beaux graphismes… http://www.wumpasworld.com
- Une exposition : « Ecrire avec la pierre » du 15 janvier au 15 mars à Bruxelles, Bibliotheca Wittockiana, rue du Bernel.
- De découvrir :
L’inukshuk : le logo des jeux olympiques de Vancouver en février 2010.
Un inukshuk (pluriel inuksuit) est un empilement de pierres (ou cairn) construit par les peuples inuit et yupik dans les régions arctiques depuis l'Alaska jusqu'au Groenland, en passant par l'Arctique canadien.
Sa forme et sa taille peuvent varier.
« Inukshuk » est un terme inuktitut (langue Inuit) composé des morphèmes inuk (être humain) et -suk (substitut, agissant à la place de), signifiant « ce qui a la capacité d'agir comme un être humain ».
Chez les Inuits, les inuksuit jouaient un rôle important dans la chasse au caribou. Ils étaient disposés, comme des épouvantails de pierre pour diriger les caribous vers un lieu d'embuscade. Les femmes et les enfants servaient de rabatteurs.
Les inuksuit pouvaient aussi servir de point de repère identifiant la position d'une cache pour la nourriture. Ils servaient aussi à marquer les limites d’un territoire.
De nos jours, il en subsiste encore sur les collines, visibles à des kilomètres qui permettent aux voyageurs de les utiliser comme des repères directionnels. Certains auraient plus de 10 siècles.
Depuis la fin des années 1990, il s'est progressivement affirmé comme un symbole des Inuits du Canada.
En 1999, il a été choisi pour figurer sur le drapeau et les armoiries du Nunavut (territoire canadien créé en 1999) dont la population, selon le recensement fédéral canadien de 2006, est composée à 83,5 % d'Inuits.
Un inukshuk apparaît également depuis 2005 sur le drapeau du Nunatsiavut, une région à autonomie limitée du Labrador gouvernée par les Inuits, qui représentent 89,6 % des habitants de cette région.
L'inukshuk est aussi un des thèmes de l'art inuit, entre l'abstrait et le figuratif.
|
|