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> En mars nous vous proposons de découvrir :
des nouveautés "très anciennes" à la galerie et un peu de vocabulaire : la réalité sur les mots pour désigner la neige
 | | | masque de chamane | Les nouveautés de la galerie :
en attendant de nombreuses nouvelles sculptures pour la mi-mars, vous pouvez voir à la galerie ou dans la rubrique "nouveautés":
Un extraordinaire masque de chamane en bois flotté (environ 1900) ainsi que 2 petites statuettes en bois de style « Thulé »
Un animal d’Andy Miki et un personnage de John Pangnark, (environ de 1970)
et de très beaux « ivoires de morse » des années 1930/1945.
Un peu de vocabulaire :
Il est coutume de dire que les Inuit (un Inuk - des Inuit) ont une centaine de mots pour dire "neige" mais ce n’est pas tout à fait la réalité.
En inuktitut, chaque mot est constitué d'un radical, dont le sens peut être précisé, nuancé, ou même transformé par l'adjonction de suffixes.
Pour la neige, on compte seulement une dizaine de radicaux indépendants, dont voici des exemples :
Aniu : neige propre pour faire de l'eau
Aputi : neige sur le sol
Masak : neige mouillée en train de tomber
Matsaaq : neige à moitié fondue sur le sol
Qanik : neige en train de tomber
Pukak : neige cristalline sur le sol
Sirmiq : neige fondante servant à cimenter l'iglou
L'adjonction à ces radicaux de suffixes dérivationnels (plusieurs centaines au total) permet de construire de nouveaux mots :
Qanik : la neige en train de tomber
Qannialaaq : neige très légère en train de tomber
Qanniapaluk : neige extrêmement légère en train de tomber dans l'air calme
Par ailleurs, un certain nombre de mots qui désignent la neige sont construits à partir d'un radical ne faisant pas directement référence à la neige :
Illusaq : neige bonne à construire un iglou
Katakaqtanaq : épaisse couche de neige craquant sous les pas
Kiniqtaq : neige sèche et compacte
Natiruvaaq : neige fine transportée par le vent
Piiqturiniq : fin manteau de neige déposé sur un objet
Qiqumaaq : couche de neige dont la surface est gelée…
Si les Inuit avaient tant besoin de précision pour décrire la neige, c'est qu'elle leur était vitale : c'est avec elle qu'ils construisaient l’iglou ; c'est sur elle qu'ils se déplaçaient au cours du long hiver ; c'est son état qui leur permettait d'aller chasser ou non…
avec un grand, grand merci à M. M-A Mahieu pour ses précieux conseils sur ce texte !
> Ce mois-ci, nous vous proposons :
après quelques informations météo, de découvrir : le mythe de « Sedna » l'un des mythe d'origine des Inuit...
Quelques informations météo :
- Iqaluit (capitale du Nunavut) : - 26 ° sous la neige ce week-end, lever du soleil vers 8h30, coucher vers 15h30.
- Qaussuittuq (anciennement Resolute Bay) : - 37° dans la nuit polaire, température ressentie avec le vent : - 53° !
- Glaces de mer : en blanc sur la carte, en bleu : mer libre de glace.
De découvrir : Le mythe de « Sedna » (aussi appelée Uinigumasuittuq «celle qui ne voulait pas se marier», ou Takannakaaluk «la Grande là en bas», Taleelayo, Nuliajuk…)
Il s’agit du Mythe d’origine des races humaines et des mammifères marins.
Sedna est encore aujourd’hui une légende très connue des Inuit et il existe autant de versions que de villages.
A l’origine, Sedna n’était qu’une jeune mortelle qui refusait de se marier. Excédé par son attitude, son père la força à épouser un homme « chien » dont elle eut une portée…
Un jour que son mari était sorti, elle mit ses enfants dans ses bottes et les poussa à la mer. Certains errèrent longtemps avant de toucher terre : ils sont les Qallunaat (hommes blancs) et les Amérindiens, qui ressemblent à des « Hommes (Inuit) » mais n’en sont pas tout à fait.
Les autres, qui étaient plus forts, plus beaux, plus débrouillards, mieux armés, touchèrent terre plus près. Ils sont devenus les "HOMMES " = les Inuit.
Plus tard, son époux mort, elle se laissa séduire par un homme doté de pouvoirs surnaturels qui l’emmena sur une île et se métamorphosa en un pétrel (oiseau).
Après quelques temps, son père entendit des plaintes au delà de la mer: c’était sa fille qui était maltraitée. Il embarqua sur son kayak pour aller la chercher et il reprit la mer avec elle.
Son mari, voyant Sedna s’enfuir, ordonna à la mer de se déchaîner.
Voyant la mort arriver, le père la sacrifia en la jetant à la mer, mais elle s'agrippa au bord.
Le père coupa alors les doigts de Sedna et ils devinrent les poissons, puis les pouces et les mains qui devinrent phoques, morses, baleines….
Sedna coula au fond de l'eau où elle réside encore comme déesse de la mer.
Quand la chasse n’est pas bonne ou que la mer est démontée, la croyance est que Sedna est en colère car ses cheveux sont emmêlés. N’ayant plus de mains, elle ne peut les peigner.
Les chamans, grâce à leurs « voyages » arrivent à aller peigner Sedna afin que le calme et les animaux reviennent.
Sources :
-Knud Rasmussen, 1929, «Intellectual Culture of the Iglulik Eskimos»,
-Saladin d’Anglure, 2002 “Atanarjuat”.
> Avec nos meilleurs voeux pour 2010,
pour bien commencer l’année nous vous proposons :
Des liens vers des sites intéressants :
- Un site sur « L’histoire oubliée des baleiniers inuit » : où vous pourrez entendre des témoignages en inuktitut (aussi traduit en français !), voir des vidéos, photos… tout connaître sur la chasse à la baleine vu par les inuit !
http://www.inuitwhalers.ca
- Un site pour les enfants : Wumpa (en français) A partir d’un environnement arctique, des jeux et des aventures, nombreuses activités très intuitives, beaux graphismes… http://www.wumpasworld.com
- Une exposition : « Ecrire avec la pierre » du 15 janvier au 15 mars à Bruxelles, Bibliotheca Wittockiana, rue du Bernel.
- De découvrir :
L’inukshuk : le logo des jeux olympiques de Vancouver en février 2010.
Un inukshuk (pluriel inuksuit) est un empilement de pierres (ou cairn) construit par les peuples inuit et yupik dans les régions arctiques depuis l'Alaska jusqu'au Groenland, en passant par l'Arctique canadien.
Sa forme et sa taille peuvent varier.
« Inukshuk » est un terme inuktitut (langue Inuit) composé des morphèmes inuk (être humain) et -suk (substitut, agissant à la place de), signifiant « ce qui a la capacité d'agir comme un être humain ».
Chez les Inuits, les inuksuit jouaient un rôle important dans la chasse au caribou. Ils étaient disposés, comme des épouvantails de pierre pour diriger les caribous vers un lieu d'embuscade. Les femmes et les enfants servaient de rabatteurs.
Les inuksuit pouvaient aussi servir de point de repère identifiant la position d'une cache pour la nourriture. Ils servaient aussi à marquer les limites d’un territoire.
De nos jours, il en subsiste encore sur les collines, visibles à des kilomètres qui permettent aux voyageurs de les utiliser comme des repères directionnels. Certains auraient plus de 10 siècles.
Depuis la fin des années 1990, il s'est progressivement affirmé comme un symbole des Inuits du Canada.
En 1999, il a été choisi pour figurer sur le drapeau et les armoiries du Nunavut (territoire canadien créé en 1999) dont la population, selon le recensement fédéral canadien de 2006, est composée à 83,5 % d'Inuits.
Un inukshuk apparaît également depuis 2005 sur le drapeau du Nunatsiavut, une région à autonomie limitée du Labrador gouvernée par les Inuits, qui représentent 89,6 % des habitants de cette région.
L'inukshuk est aussi un des thèmes de l'art inuit, entre l'abstrait et le figuratif.
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